Seamus Heaney – Creuser

BEAUTY WILL SAVE THE WORLD

Entre mon doigt et mon pouce
Le stylo trapu repose ; comme un pistolet.

Sous ma fenêtre, le crissement net
De la bêche qui plonge dans le sol caillouteux :
Mon père qui creuse. Je le regarde.

Jusqu’à ce que ses reins tendus parmi les plates-bandes
Se courbent à terre, remontent vingt ans après
Se voûtent en rythme dans les sillons de pommes de terre
Où il creusait.

La grosse botte blottie contre le fer, le manche
Contre l’intérieur du genou était facile à manier.
Il déterrait de hautes tiges, enfonçait loin la lame brillante
Eparpillait les pommes de terre nouvelles que nous ramassions.
Comme nous aimions leur fermeté fraîche dans nos mains !

Pardi, le vieux savait manier la bêche
Juste comme son vieux à lui.

Mon grand-père coupait plus de tourbe en un jour
Qu’aucun autre homme de la tourbière de Toner.
Une fois, je lui ai porté…

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Ewa Lipska – Ailleurs

BEAUTY WILL SAVE THE WORLD

Je voudrais vivre Ailleurs.
Dans de petites villes brodées à la main.

Rencontrer ceux
qui ne viennent pas au monde.

Nous serions enfin heureux solitaires.
Pas une station ne nous attendrait.

Nulle arrivée. Nul départ.
Au musée du temps qui passe.

Pas une seule guerre ne se battrait pour nous.
Pas une humanité. Pas une armée. Pas une arme.

La mort un peu pompette. Ce serait gai.
À la bibliothèque le temps en plusieurs volumes.

L’amour. Chapitre sans connaissance.
Tournerait dans un murmure les pages de nos cœurs.

*

Gdzie Indziej

Chciałabym mieszkać Gdzie Indziej.
W haftowanych ręcznie miasteczkach.

Spotykać się z tymi
którzy nie przychodzą na świat.

Bylibyśmy wreszcie szczęśliwie samotni.
Nie czekałby na nas ani jeden przystanek.

Żaden przyjazd. Żaden odjazd.
Przemijanie w muzeum.

Żadne wojny nie biłyby się o nas.
Żadna ludzkość. Żadne wojsko. Żadna broń.

Śmierć na rauszu. Byłoby wesoło.
W bibliotece wielotomowy czas.

Miłość. Nieprzytomny…

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Als Siegfried Unseld mit leeren Händen zu Max Frischs Geburtstag erschien – WELT

Mehrere tausend Kilometer hat er hinter sich gelassen, um zu gratulieren. Ein offenes Ohr für die Nöte seiner Autoren hat der Suhrkamp-Verleger sowieso immer. Doch beim Lunch in Manhattan ist Max Frisch alles eine Nummer zu klein. Zumal Unseld etwas Wichtiges vergessen hat.
— Read on www.welt.de/kultur/literarischewelt/article225923111/Als-Siegfried-Unseld-mit-leeren-Haenden-zu-Max-Frischs-Geburtstag-erschien.html